Gabrielle Thierry

Portrait

Ingénieur IA de formation, après 12 ans de conseil dans modélisation de connaissance, je me consacre à la peinture. Je peins depuis vingt ans à l’huile sur toile (de lin), comme les peintres de la renaissance, par couches successives Par ailleurs, je suis biographe et expert du peintre Renefer (1879-1957) dont la palette et le coup de crayon sont une source constante d’inspiration.

Je suis devenue au cours des années, Artiste Peintre paysagiste dans mon atelier près de Paris. Une paysagiste un peu particulière puisque je cherche à comprendre pourquoi j’y perçois une musique et comment je peux la retranscrire visuellement sur la toile.  Puis je réalise que je lie les couleurs aux sons, les harmonies et rythmes à ma composition. Me voilà aujourd’hui musicaliste et coloriste.

Tout le champ interactif peinture/musique m’était inconnu. Je l’ai découvert lors de commandes d’articles et de conférences. C’est alors que j’ai relu Kandinsky, redécouvert Klee. Par le prisme de la musique, tout s’est éclairé. Le mouvement musicaliste des années 30 et la magnifique dernière rétrospective Kupka au Grand Palais étaient lumineux.

Je me retrouve dans la formalisation des paysages de Cézanne ou Paul Klee, dans la gestuelle musicale de Kandinsky et dans les compositions colorées de Kupka et assez peu dans celle de Robert Delaunay malgré les cercles chromatiques qui, pour lui, ont une toute autre « fonction ». En parallèle, je m’interroge sur la création musicale, sur l’inspiration des compositeurs : comment les émotions, les paysages, les voyages, les couleurs ou les espaces, sont-ils mis en musique ?

La musique a joué un rôle primordial dans la naissance de l’abstraction en peinture : c’est quelque chose que j’ai découvert avec stupéfaction. C’est avec la même stupéfaction mêlée d’humilité que je réalise faire partie de cette famille d’artistes qui ont pensé la musique en peinture, et la liant souvent au paysage. Avec la musique, un monde immense restant à explorer s’est ouvert à moi : j’écoute différemment JS Bach, Schubert, Ravel, Shostakovich ou Dutilleux. le Jazz et les compositions contemporaines.

Lors de mes expositions, des concerts sont donnés pour offrir au public une expérience immersive entre peinture et musique. Mes écrits tentent de décrire les processus de création de certaines œuvres : « La Valse de Ravel », la série des « Partitions colorées des Nymphéas ». Lors de mes conférences sur « La synesthésie ou la couleur des Sons », le public se découvre des sensations insoupçonnées à la découverte des paysages et de la peinture devenues musique. Comme avec mon tableau « La Cheffe d’orchestre », jouant la 7è de Beethoven, je souhaite proposer au public une interprétation colorée de la musique lors de concert, ballet ou opéra.

Aussi dans « Ma conversation avec Picasso », ma peinture devient plus narrative et confirme mon intérêt pour les grands peintres. Approcher au plus près de leurs coups de pinceaux est une manière très personnelle de rentrer en conversation avec eux. Ces œuvres qui font notre civilisation questionnent, comment aujourd’hui les interpréter ?

Mes expositions personnelles sont nombreuses depuis 2009 : Sorbonne, Centre Mondial de la Paix, Fondation Diverso/Inverso en Italie, les 150 ans des Pianos Hanlet, Iris& Gerald B Cantor Art Gallery près de Boston, LCL en Ville et Galerie Roanne de Saint Laurent à Paris, etc…

Mes expositions collectives sont principalement des participations au Salon des Réalités Nouvelles et aux salons d’Automne. Pendant la pandémie, j’ai lancé sur les réseaux sociaux le projet #dessinetafenetre. Puis j’ai coorganisé l’exposition éponyme au Musée des beaux-arts La Cohues de Vannes. Aujourd’hui, je collabore aussi avec le musée de la Batellerie, pour une immersion dans le paysage, du crayon au pinceau.

Mes écrits sont publiés lors de colloques sur l’interaction des arts depuis la Sorbonne en 2009, « La Valse de Ravel », Ed. Interface (Université de Bourgogne, College of the Holy Cross à Worcester aux Etats Unis), « La musique des Nymphéas » chez Honoré Champion mais aussi dans la Revue Internationale d’art et d’artologie fondée par Marc Matthieu Münch, tout comme le « Regard croisé sur Vol d’Oiseau de Liszt ». Marc Matthieu Münch est fondateur de” L’Effet de vie” pour une nouvelle définition de la beauté. 

Ma dernière interview “Peinture et musique” dans  Orgues Nouvelles, été 2022