Sandrine Verdier

Portrait

Mon parcours

De l’école des Beaux-arts de Toulouse à l’entreprise, et de l’entreprise à l’atelier : à 57 ans, je suis une artiste toulousaine, mère de deux grands enfants. Indissociable de ma vie de femme et de mon travail d’artistes, leur éducation a modelé mon parcours créatif et déterminé mes choix : la stabilité d’un travail salarié de directrice artistique pendant vingt ans, allié à la pratique régulière de la peinture ; puis graphiste free-lance et enseignante, lorsqu’ils ont commencé à voler de leurs propres ailes. Et enfin sculptrice, et confrontée à la nécessité de montrer mon travail. Les toiles figuratives dorment désormais dans un coin de mon atelier où je travaille la terre depuis quatre ans.

Ma démarche artistique

Dans la série des mutations artistiques de mon travail, la terre est un chemin vers le bronze –deux de mes travaux sont actuellement confiés à une fonderie, en vu d’une prochaine exposition collective à Paris– mais, la terre reste la matière première de ma recherche créative sur le corps de la femme. C’est une matière brute, capable d’être travaillée sous toutes les formes pour rendre les tensions, et l’énergie corporelle saisie dans l’instant. C’est aussi une matière fragile, soumise aux aléas du séchage et de la cuisson, comme un prolongement de la fragilité des corps. Corps parfois brisés et recomposés, ou scarifiés par des failles laissées par les expériences de la vie. Ces brisures racontent des histoires qui deviendront peut-être, au fil du temps, plus intenses que la matérialité des fragments corporels qu’elles traverse de part en part. C’est en tout cas le chemin qui s’est imposé à moi et que j’ai décidé de suivre.

Le murmure des corps

Ma sculpture fixe la vie dans la fugacité du mouvement. Elle se nourrit de l’histoire singulière des corps. Sa plastique brute suggère le mouvement, sans l’enfermer dans une attitude définitive. Elle propose une voie, suscite des sentiments, mais n’impose pas de récit. Libérées des canons de l’esthétique formelle, la tension d’un muscle ou la saillance d’un os, dévoilent la confidence des corps dans une liberté charnelle jaillie de la matière. Corps amants, corps souffrants, ou distendus par la maternité, ils se racontent par fragments intimes, comme autant de récits secrets murmurés par la lumière et l’espace.